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01/06/2017

Entretien avec un "gamer" (partie 2)

Vidéo-Jeu-sticker-mural-Gamer-Joystick-Sticker-Art-pour-La-Décoration-Intérieure-Amovible-Vinyle-Papier-Paroi.jpgNous en étions donc restés là, les jeux vidéo sont un passetemps et ils doivent les rester selon l'avis de Jean-Marc Peretti, lui-même grand consommateur de ce divertissement. Voilà la suite de mon entretien avec Jean-Marc et son avis sur la question:


Moi: Penses-tu que certains joueurs ne peuvent pas faire la différence entre la vie "réelle" et celle des jeux ou alors justement que certains jeux vont pouvoir influencer leur vie?


Jean-Marc Peretti: Si, évidemment! Je pense que tout est une question d'équilibre. Il faut savoir s'amuser avec ces genres de jeux, il faut savoir tirer parti de ce divertissement, mais il ne faut pas qu'il devienne une obsession. Et c'est vrai que c'est dur! Les développeurs d'aujourd'hui ont bien compris les techniques qui nous rendent accros à un jeu et n'hésite pas à les mettre en place afin de nous garder le plus captif possible, pour qu'on passe le plus de temps possible à jouer. C'est en particulier le cas des jeux sur smartphones qui nous poussent à jouer librement jusqu'à un certain point, passer un cap il va falloir payer pour avancer dans le jeu. Les développeurs s'arrangent pour que ce cap arrive justement au moment où nous sommes le plus vulnérables, quand nous sommes déjà bien avancés et pris dans le jeu, et là on se dit que ce n'est pas cher de payer 2€ pour pouvoir avancer dans notre quête.


Moi: Oui ce sont des techniques éprouvées et qui sont aussi utilisées dans le marketing, mais penses-tu que les jeux vidéo peuvent pousser certaines personnes à faire des actions qu'ils n'auraient pas faites s'il ne jouait pas?


Jean-Marc Peretti: Non, je ne pense pas! Je veux dire, bien sûr qu'on apprendra qu'après une tuerie dans un collège, l'auteur était un fan de Call of Duty et de FPS violent et donc les médias s'empresseront de faire le lien et que le grand méchant c'est les jeux vidéo. Mais à mon sens ça n'est qu'un raccourci. Si une personne est prête à faire ce genre de chose, ça n'est pas les jeux vidéo qui l'ont poussé à passer à l'acte. C'est qu'à la base cette personne à un problème et que c'est peut-être en allant aller regarder des vidéos sur internet qu'il va passer à l'acte. Le problème de base n'est pas les jeux vidéo, c'est plutôt l'esprit de la personne qui est malade et les jeux vidéo vont être mal utilisés. Pour une personne saine d'esprit, les jeux vidéo ne le pousseront jamais à reproduire ce qu'il fait quand il joue.


Moi: Donc pour toi les jeux ne seraient que le catalyseur d'un esprit malade, mais pas la cause de cette "maladie" ?


Jean-Marc Peretti: Oui, exactement! C'est comme si on interdisait les voitures sous prétexte qu'elles tuent. Les voitures tuent, car elles sont mal utilisées lors d'un accident ou d'une mauvaise intention. Je parie que si l'on interdit les jeux vidéo violents – ce qui a déjà été tenté si je me souviens bien- on n'observera pas de diminution des crimes violents et des meurtres.

Moi: En parlant de loi, ne penses-tu pas qu'il est nécessaire de mieux encadrer l'accès de certains jeux à un public jeune?

Jean-Marc Peretti:Si, c'est évident! Mais c'est déjà le cas. Il y a par exemple de petits badges sur la couverture des jeux vendus dans les grandes surfaces qui limitent l'accès des jeux violents aux moins de 16 ou 18 ans, un peu comme les films à la télévision. Il en revient au vendeur de respecter ce système, mais s'il est bien appliqué je trouve que c'est un moyen efficace de limiter la violence aux jeunes.

Commentaires

Merci pour cet interview, c'était un plaisir de vous renconter!
Jean-Marc Peretti

Écrit par : Jean-Marc Peretti | 01/06/2017

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