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17/05/2017

Entretien avec un "gamer"

Vidéo-Jeu-sticker-mural-Gamer-Joystick-Sticker-Art-pour-La-Décoration-Intérieure-Amovible-Vinyle-Papier-Paroi.jpgLes jeux vidéo sont devenus un mode de divertissement à part entière et logés à la même enseigne que les jeux de société à notre époque. Le Monopoly qui trônait dans nos armoires a donc laissé place à la PlayStation et autres consoles, dans nos salons. L'avènement des smartphones et l'augmentation de leur puissance n'a fait que renforcé cette tendance, nous pouvons désormais jouer partout et tout le temps. Je me suis toujours intéressé à la jeunesse et l'éducation en général. La relation qu'entretiennent nos enfants avec les jeux vidéo est intrigante. Ils ont grandi avec ces jeux et n'ont pas le recul que nous avons, nous parents, ayant connu l'avènement du numérique.


Je souhaite comprendre la relation qu'ont ces jeunes avec les jeux vidéo. De quelle manière s'épanouissent-ils avec ce mode de divertissement, le voient-ils comme une forme d'éducation ou plutôt une échappatoire à la réalité, quelle place occupent les jeux vidéo dans leur vie ?
Pour cela, j'ai décidé de rencontrer Jean-Marc Peretti. Jean-Marc a bientôt 20 ans et comme beaucoup d'autres, il joue régulièrement à des jeux vidéo sur son ordinateur. Il est ce qu'on appelle dans le jardon un "gamer". Je voulais avoir son point de vue sur la question.Voici la retranscription de mon entretien avec Jean-Marc Peretti:


Moi: Depuis quand joues-tu aux jeux vidéo, comment as-tu commencé? Combien d'heures par semaines passes-tu devant un écran avec ces jeux?


Jean-Marc Peretti: J'ai commencé à l'âge de 14-15 ans environ, ça fait donc à peu près 5 ans que je joue maintenant. J'avais commencé avec des FPS [First Person Shooter] en général comme Counter Strike ou Left for Dead. J'y ai rapidement pris goût et c'est vrai qu'il y a un côté un peu addictif de ce genre de jeux, ça bouge beaucoup et il faut être rapide. En règle général je dirais que je passe entre une et deux heures par jour maximum donc entre 7 et 15 heures par semaine, ça dépend vraiment des périodes, en fait.


Moi: Qu'est-ce qui t'a attiré vers ce genre de divertissement ?


Jean-Marc Peretti: Au début je crois que c'était des amis qui m'en avaient parlé. J'ai essayé d'y jouer et j'ai rapidement apprécié. J'ai bien aimé le côté coopération et jeux d'équipe, c'est aussi ça qui m’a plu: tout seul le jeu est moins intéressant et on s'en lasse vite, à plusieurs c'est là qu'on y trouve de l'intérêt. Après il faut aussi dire qu'on peut faire des trucs dans les jeux vidéo qu'on ne peut pas faire dans la réalité, c'est surtout ça qui nous attire, j'imagine. Si on avait un simulateur de vie réelle avec les mêmes types de contraintes quotidiennes, ça n'intéresserait pas grand monde.


Moi: Est-ce que cela veut dire que les jeux vidéo sont en quelque sort une échappatoire pour toi?


Jean-Marc Peretti: Non pas vraiment ! Je veux dire, pas plus que pour quelqu'un qui regarder la TV en rentrant chez lui le soir, c'est un divertissement. Je ne me projette pas dans mes jeux vidéo. Je passe plutôt un bon moment, ça me détend et ça me divertit, car je peux choisir de faire ce qui m'amuse. Ça ne veut pas pour autant dire que je m'invente une vie parallèle. C'est comme quand on va voir un film, on aime se mettre dans la peau du personnage, mais une fois le film fini et qu'on sort du cinéma on fait bien la part des choses entre le film et la réalité. En tout cas je parle pour moi, j'imagine que d'autres personnes sont beaucoup plus impliquées dans les jeux vidéo, mais à mon avis ils représentent qu'une minorité.


Moi: Donc selon toi, les jeux vidéo pourraient avoir une influence négative sur certains?


Jean-Marc Peretti: Bien sûr! À mon sens tout est une question de modération. Et ça, ça s'applique à tout. Il est clair que ce n'est pas saint de jouer pendant des nuits entières à des jeux, comme ça n'est pas saint de regarder une saison entière d'une série en une nuit. Le risque c'est l'isolement et c'est vrai que les jeux vidéo sont parfois immersifs donc il est surement plus compliqué de s'y détacher une fois qu'on est à fond dedans. Il y a aussi des gens qui sont plus facilement captivés par des choses ou qui ont des personnalités plus addictives. Je ne pense pas que ce soit un problème qui touche particulièrement les joueurs.


Moi: Que penses-tu des jeux vidéo en rapport avec les jeunes et leur éducation?


Jean-Marc Peretti: J'imagine qu'il leur faut une sorte de cadre, si on regarde du côté des risques. C'est aux parents de leur expliquer que jouer n'est pas mauvais, mais que jouer trop pourrait leur nuire. C'est ce que mes parents ont fait très rapidement lorsqu'ils ont vu que je passais beaucoup de temps devant mon écran. C'est vrai qu'au début j'ai eu un peu de peine à respecter leurs horaires, mais finalement je sais que j'aurais pu y passer des heures entières sans m'en rendre compte et ils l'ont fait pour mon bien. Si l'on est dans le cas d'adolescents ou d'enfants assez jeunes, le rôle des parents est important pour moi, ils se doivent de veiller à l'équilibre de leur enfant et d'éviter qu'il s'isole, même avec des jeux de coopération.


Moi: Qu'en est-il des jeux violents selon toi?


Jean-Marc Peretti: Personnellement, je ne suis pas un grand fan de jeux vidéo violent. Il faut aussi savoir ce que l'on entend par violent, la plupart des jeux d'aujourd'hui contiennent de la violence. Ensuite de la violence gratuite et gore, pour moi ça n'apporte rien dans les jeux, un peu de violence comme lorsque l'on tire sur des gens, qui sont généralement les "méchant" ou des zombies ou des monstres, moi ça ne me choque pas. Comme je l'ai dit tout à l'heure, tant qu'on fait la différence entre le monde virtuel et le monde des jeux, il n'y a pas de soucis à se faire. Malheureusement il y a toujours des cas particuliers qui se ont de la peine à faire cette distinction et qui vont s'inspirer de ce qu'ils font dans les jeux pour le reproduire dans la réalité et c'est triste. Pour ces cas-là, une fois encore je pense qu'ils ne sont qu'une minorité. Par contre c'est dommage que la presse ressorte ce genre de cas à chaque fait divers et mette tous les joueurs dans le même panier.


Moi: Penses-tu que les jeux vidéo peuvent aussi avoir une influence positive sur les gens?


Jean-Marc Peretti: Oui, pour moi c'est évident! Les gens en rigolent souvent, mais pour moi c'est vraiment un aspect important des jeux vidéo: ils sont ludiques. Tout dépend à quels types de jeux on joue, c'est vrai qu'un simple shooter couloir ne va pas offrir beaucoup de challenge, mais déjà ici on doit parfois gérer ses munitions, sa vie, la mission, etc. Dans les jeux de stratégie, là on est sur un autre niveau. Il va y avoir une multitude de paramètres dont on va devoir tenir compte tout en gardant le but final de la mission pour remporter la partie. Pour moi, ce genre de jeux offrent un moyen d'apprentissage vraiment utile. On peut développer son côté "multitâche" et optimiser au maximum certaines opérations pour gagner du temps. C'est utile pour tout et je pense que ça aide les personnes à gagner en productivité. D'ailleurs je crois qu'il y avait plusieurs études scientifiques qui avaient démontré que les jeux vidéo pouvaient développer la logique des gens de manière plus rapide que les autres. Il faut savoir apprécier les jeux vidéo, et encore on n'a pas parlé de l'aspect artistique de certains jeux, qui sont parfois de véritables œuvres d'art pour moi! À mon sens, tout cela est une question d'équilibre, il faut savoir jouer pour le plaisir et pour les aptitudes que cela nous procure, sans pour autant perdre trop de temps dans ce divertissement, car au final il s'agit quand même d'un divertissement…

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